Tifaifai : le patchwork polynésien s’expose à la mairie de Papeete

La 9ème édition du Salon du Tifaifai ou patchwork polynésien vient d’ouvrir ses portes à la mairie de Papeete pour une durée de onze jours. Chaque année, cet évènement permet à la population et aux touristes de découvrir cet art typiquement local, réalisé les « mamas » polynésiennes.



Photo : gouvernement polynésien
Photo : gouvernement polynésien
Ce salon annuel, organisé par l’association « Te api nui o te tifaifai » (renouveau du tifaifai) a été inauguré cette semaine par le nouveau ministre polynésien des Sports et de l’Artisanat, M. Léon Lichtlé et réunit cette année dans trois salles, une quarantaine d'exposants sur le thème « Bouquet de fleurs, décor d’Amour ».

Trois concours seront organisés, l'un portera sur le thème de l'exposition « le patchwork dans tous ses états » pour lequel un jury choisira, parmi la centaine de modèles exposés, le plus réussi. Les deux autres concours porteront sur la confection de taies d'oreiller et de nappes de tables qui devront être réalisées sur place, indique une récente dépêche de l’agence Tahiti presse.

En neuf ans, ce salon a acquis ses lettres de noblesse. Il est devenu un rendez-vous incontournable des passionnés de couture. Cette édition présentera d’ailleurs 43 exposants de Tifaifai contre 36 l’année dernière.

Lors de l’inauguration le ministre a par ailleurs souligné qu’il se pencherait « très prochainement sur le problème de labellisation de cette activité ainsi que sur la mise en place de mesures de protection face aux importations de tifaifai produits à bas prix » en dehors de la région.

Mairie de Papeete
Salon du Tifaifai « Bouquet de fleurs, décor d’Amour »
du jeudi 27 avril au dimanche 7 mai 2006.

Tifaifai : un art traditionnel qui remonte au 18ème siècle

Les premiers missionnaires européens ont apporté avec eux, à partir de la fin du 18ème siècle, le tissu jusqu’alors encore inconnu en Polynésie. A l’époque, cette matière restait extrêmement rare dans ces contrées du bout du monde, il ne fallait donc pas la gâcher. Précieux, même les petits morceaux d’étoffes étaient réutilisés. De nos jours on parlerait probablement de « récup ».

C’est ainsi que petit à petit, les « mamas » polynésiennes ont appris auprès des femmes des missionnaires à rapiécer les vêtements, puis à utiliser les chutes pour en faire des couvertures, des couvre-lits et des coussins aux motifs inspirés par la culture polynésienne. D’où l’origine du mot Tifaifai, qui en langue tahitienne signifie raccommoder ou rapiécer.

Très vite, le tifaifai a acquis ses lettres de noblesse dans les familles. Il est même devenu un cadeau traditionnel et l’un des éléments indispensables de tout mariage qui respecte les traditions. De fait, afin de symboliser l’union des jeunes mariés, ces derniers sont enroulés dans un tifaifai après la cérémonie. Mais le patchwork polynésien peut aussi s’offrir à la naissance d’un enfant.

On peut distinguer deux grandes familles de tifaifai.

- Le tifaifai pû (en mosaïque), constitué de petits morceaux d’étoffes assemblés de manière à former des motifs géométriques : croix, losanges, étoiles, etc. (voir photo ci-dessus).
- Le tifaifai pa’oti (en appliques), plus typiquement tahitien. Dans ce cas, les motifs sont inspirés par la nature polynésienne, on retrouve ainsi des dessins de fleurs ou de fruits tels que l’ananas ou l’hibiscus.

A noter qu’il n’existe pas d’école de couture, cet artisanat se transmet surtout de mère en fille, d’une génération à l’autre.

Un tifaifai mesure en principe 3 mètres sur 2.5 mètres et demande jusqu’à quatre mois de travail. Les prix varient de 250 à 1.000 euros.

A lire : Tifaifai, the Tahitian patchwork, Collection Arts et Traditions, Ministère de l’économie et de l’artisanat de la Polynésie française

Source : RFO



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