Après le Musée Victoria Albert à Londres, L'Aiguille en Fête expose l'extraordinaire Tristan Quilt !

Grâce à la Maison du Boutis de Calvisson, à plus de quarante brodeuses et à l'énergie de Francine Nicolle, l'étonnante courtepointe de Guicciardini appelée Tristan Quilt en Angleterre a revu le jour !


Après le Musée Victoria Albert à Londres, L'Aiguille en Fête expose l'extraordinaire Tristan Quilt !
Les brodeuses qui ont entrepris en octobre 2006 (lors de la manifestation Boutis en Fête à Calvisson) la réédition du document médiéval appelé Coperta de Guicciardini (Italie) ou Tristan Quilt (Angleterre) ont achevé leurs travaux en 2009.

Trois équipes se sont partagées la broderie et ont œuvré avec un enthousiasme et un sérieux digne des grandes professionnelles.

Vous souvenez-vous ?

A la recherche des techniques de broderie à relief les plus anciennes qui sont à l’origine de la broderie au boutis en Provence et en Languedoc, plus de quarante brodeuses conduites par Francine Nicolle ont relevé le défi et lancé un véritable chantier de reconstitution de la célèbre tenture médiévale (environ 4.30m/3m) dont la datation au carbone 14 laisse supposer qu’elle a été brodée à la fin du XIVème siècle…

Son commanditaire, Guicciardini, aristocrate italien, gonfaloniero au Vatican et ambassadeur, l’aurait faite réalisée en Sicile et Italie du Sud mais rien ne permet d’affirmer qu’il s’agisse d’une œuvre exécutée pour un mariage. Son iconographie médiévale, unique en son genre, à l’image des enluminures, évoque le roman de Tristan et Iseult, roman du XIIème siècle et sert de prétexte en deuxième lecture pour glorifier les rois normands de Sicile et légitimer leurs règnes. Nul doute que l’original exposé à Londres au musée Albert et Victoria, va susciter l’intérêt, dans les décennies qui viennent, de tous les médiévistes et historiens en quête de vérité.

Les mêmes techniques qu'au Moyen Age…

Entre la technique la plus ancienne étudiée et reconstituée par Francine Nicolle d’après ses observations sur les documents d’origine consultés en Italie comme en Angleterre, et la technique actuelle de broderie au Boutis, il y a peu de différences. La technique de bourrage est la même (mèches de coton plus grossières poussées ou passées à l’aiguille), le contour des motifs sur étoffes de lin réalisé au point de piqûre se retrouve au fil des siècles sur des documents plus récents et se pratique encore aujourd’hui.

Cette réédition a permis de mettre l’accent sur l’ingéniosité et la compétence des brodeuses du Moyen Age, sur l’excellence iconographique de la composition générale de la tenture (détails très précis concernant les visages et les mains, beauté des personnages…) sur le savoir-faire très spécial pour ce type de broderie, probablement déjà maîtrisé au cours du premier millénaire.

Le chantier a permis de vérifier que plusieurs équipes de brodeuses sont intervenues sur l’ouvrage, que la distribution du travail s’est faite à partir de brodeuses confirmées ayant appris à une même source (comme il a été fait à Calvisson). Enfin la conclusion la plus importante a été la vérification des compétences humaines à s’investir dans un projet qui consistait à reproduire un document vieux de plusieurs siècles et à le réaliser à l’identique. L’être humain peut être capable de retrouver le même cheminement de réalisation sans avoir eu transmission orale ou écrite durant un laps de temps très long.

POUR EN SAVOIR PLUS

Maison du Boutis, Musée de Calvisson
04 66 01 63 75
http://www.la-maison-du-boutis.com
lamaisonduboutis@orange.fr



27/01/2010